L’alcool ça rend bilingue

Entre les cours on passe beaucoup de temps dans la ville. Même si on est pauvre. On arpente les rues à vélo (c’est gratuit), on grimpe sur les petits ponts illuminés. C’est canon, c’est mignon, on est amoureux(se).

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Et puis arrive le moment où il faut de facto parler “aux gens”. Faut bien se socialiser. C’est pour ça que nos parents payent 11 500 euros l’année. Les Dutch parlent une langue aussi étrange qu’étrangère, qu’on arrivera de toute façon jamais à apprendre, feignant de français que l’on est.

Alors on opte pour l’anglais. Premiers mots catastrophiques. Ils sont loin les cours d’anglais de l’IUT. Ils n’auront pas traversés le mois de beuverie saisonnier que sont les vacances d’été.

Arrive gentiment la semaine d’intégration. On se calme. Rien de débauché, beaucoup de visites, de bateaux, de “Where are you from”. Tout seul encerclé par des centaines d’étrangers du monde entier, on est bien obligé de parler, parcequ’au bout d’un moment on s’ennuie. Alors on se lance avec un accent pitoyable. Mais tout le monde s’en fout, tout le monde parle mal.
– “Sexy you’re french accent!”.
– “Ta gueule.”

Après LES 5 questions obligatoires, qui forment les premières amitiés :
– What’s your name – Where are you from – What do you study – Where do you live in Amsterdam – Have you already got a bike? AMAAAZINNNG
La conversation tourne court et on finit comme toujours par parler du temps qu’il fait. Du temps qui passe. Et tout ça dans un anglais aussi impeccable que compréhensible.

Les premières soirées arrivent. Et là miracle: un coup dans le nez et on se prend pour un américain. On arrive même à avoir de l’humour. C’est dire. Les conversations deviennent intéressantes, on parle politique, on parle différence, on rit et on continue à boire.

En fin de soirée on se moque même des VRAIS américains quand ils parlent (c’est l’hôpital que se moque de charité comme dirait mémé). Ils découvrent les charmes de l’alcool et se retrouvent comme vous le premier jour, à bafouiller un anglais de CM1.

A ceux qui me posent la question: en Erasmus vous faites la fête tout le temps. Je réponds oui. Et c’est un oui sans gène. Oui car quand on est bourré on est bilingue (riche et célibataire aussi, mais ça c’est un autre débat). On prend la confiance.

Même pas peur du black out ou du hangover, la langue reste, s’incruste et on progresse. Indégnablement. Et comme dirait mémé (que j’adore citer) c’est en répétant qu’on apprend.

Prost*!

Camille.

Retrouvez mes aventures ici.

 

*santé en Dutch.

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