Il est 20h15. Oui, je regarde l’heure. Je vais même faire un tour sur ma page Facebook et j’hésite encore entre le morpion et la bataille de pouce contre mon voisin de gauche pour m’occuper en attendant Orelsan. J’étais devant le Zénith à 16h30 et le pire c’est que je n’étais pas la première.

Seulement, pour l’instant c’est Superpoze sur scène. Un jeune gaillard (oui le mot gaillard s’emploie toujours au 21ème siècle) qui joue avec ses platines comme mon petit cousin avec ses Légos. C’est impressionnant et au début très entraînant  La fosse s’agite. Il faut dire que depuis l’ouverture de la salle à 18h45 c’était l’euphorie générale à la moindre apparition d’une silhouette sur scène. Mais l’ambiance s’essouffle, les morceaux se ressemblent et l’impatience se fait sentir. Les têtes pivotent : on regarde à gauche et à droite, on attend. Il annonce enfin, de sa voix adolescente, son dernier morceau. La foule crie. Il sait ce qu’il fait, il en a à revendre alors les bras se lèvent et on regrette tous de ne pas lui avoir accordé l’attention qu’il méritait. Le fait est qu’on est tous jaloux et qu’à son âge on rêverait tous d’être à sa place, sur la scène du Zénith invité par Orelsan, en personne. On démonte les platines, on fait place nette.

Hop, une courte page de pub pour maintenir le suspense et un petit court métrage futuriste. Le rideau tombe enfin. Les caméramans sont bien installés, normal on parle de direct sur Canalstreet, de rediffusion sur France O et des rumeurs folles évoquent même un DVD. Il faut dire qu’il nous l’avait bien vendu son show, le normand, à coup de plateaux TV et de concours sur sa page Facebook. Vous l’avez surement croisé dans « Planète Rap » le soir sur Skyrock ou même dans « On n’est pas couché ». Sur Facebook, vous aviez la possibilité, entre autre, de vous filmer entrain de « danser n’importe comment », de lui envoyer votre vidéo afin de la voir projetée derrière lui pendant l’un de ses titres phares.

Orelsan le 16 octobre 2012 interprétant « double vie » (image : Canal+)

Le show commence avec « Raelsan » issu de son dernier album. Aurélien Cotentin (oui oui, c’est son vrai nom) est accompagné de ses éternels compères Gringe et Ablaye. Les instrumentales ont visiblement été adaptées une par une à la scène. On apprécie la présence d’un guitariste, d’un batteur, d’un DJ et d’un synthétiseur. Le son est intense, la voix d’Orelsan est claire. La Set liste est définitivement très travaillée : les musiques ne s’enchainent pas au hasard mais suivent un fil très clair. Chaque détail a été pensé, le tout est très bien rodé. Des petites phrases, blagues et même à plusieurs reprises des questions adressées à la cantonade au public, rythment le concert. C’est donc vraiment dommage d’apprendre par d’autres spectateurs que cette mise en scène est très similaire de celle utilisé lors de son concert à l’Olympia 5 mois auparavant. On aurait aimé un peu de renouveau, surtout de la part d’un artiste aussi dynamique et aussi présent sur la scène française.

Orelsan réussit tout de même à nous en mettre plein les yeux avec des invités tels que MC solaar, Mat Bastard de Skip the Use, Kyan Khojandi (créateur et acteur principal de la mini-série canal + « bref »), Disiz La Peste, Fababy et la nouvelle école du Rap Français (notamment Taipan, Deen Burbigo et les jeunes Bigflo et Oli).

Orelsan et sa team quittent la scène après plus de 2 heures de show. La foule se rue dehors et le métro porte de Pantin est pris d’assaut. Epaté, on rentre chez nous, complètement surexcités et les oreilles qui bourdonnent. Orelsan a su nous emporter dans son univers. Il a joué avec le temps : parfois futuriste et parfois nostalgique. Il nous a transportés dans chacun de ses voyages temporels et nous l’avons suivi les yeux fermés. Alors, malgré ma légère déception (il faut dire que j’avais placé la barre très haute) je me suis dit « Bref, j’y étais ».

Julia