Il y’a une dizaine de jours déjà, l’Autrichien Felix Baumgartner sautait du haut de son ballon, perché à quelques 39 kilomètres de hauteur. A moins de vivre en ermite, je ne vous apprends rien, puisque l’info à été relayée partout dans le monde (sauf peut-être en Corée du Nord). Rien que pour le direct, près de 52 millions de personnes se sont connectées au livestream de l’opération. Et même pour ceux qui ne regardaient pas, difficile de passer à côté ! Lors du saut, environ 2000 tweets concernant l’événement ont été envoyés  sur la toile chaque seconde ; la photo « officielle » publiée sur facebook a récolté près de 216 000 « j’aime », à été partagée 29 000 fois et commentée plus de 10 000 fois. Des chiffres énormes qui certes profitent à Felix, mais surtout à Red Bull qui a sponsorisée cette opération bien rodée. On ne peut que saluer les énormes retombées du saut (sans jeu de mot) sur la marque. On parle déjà de près d’un milliard de dollars de « earned media », c’est-à-dire de publicité gratuite pour la marque, pour 50 millions investis ! Entre les médias qui ont repris la nouvelle du saut et de ses trois records mondiaux (un documentaire développé par la BBC et National Geographic sera bientôt diffusé) et les internautes qui ont fait nombre de détournements (9gaggers je vous salue), même les marques ont repris à leur compte l’exploit de l’Autrichien : une publicité supplémentaire pour Red Bull en somme.

Ci-dessus : l’un des derniers visuels de FedEx en hommage à Felix Baumgartner. 

Red Bull est souvent associée par les jeunes gens (les consommateurs de la marque sont principalement les adolescents et les jeunes adultes) aux sports, et notamment aux sports extrêmes : la marque est présente sur des formules 1, lors de compétitions de surf ou encore de moto-cross… Pas vraiment de surprise qu’elle associe donc son nom à un saut en chute libre et parachute : sport extrême s’il en est. Là ou ça en devient intéressant, c’est lorsqu’elle associe son nom à une épopée (car oui, je considère cette opération comme une épopée) scientifique comme celle-ci. Le projet, conclu en 2005 entre Baumgartner et la marque qui donne des ailes a réuni 100 employés qui ont travaillé sur le développement du ballon, de la combinaison, bref, tout pour réussir le pari qu’ils se sont donné. L’idée qu’une marque vienne se poser en mécène n’est pas nouvelle (Red Bull le fait déjà dans le sport, d’autres marques le font dans la musique comme la Société Générale ou SFR par exemple), mais le domaine scientifique n’est pas courant. Encore moins lorsqu’il s’agit de recherche aérospatiale ! Alors les marques sont-elles l’avenir de ces recherches ? Ne nous voilons pas la face, c’est là que se trouve l’argent aujourd’hui. Prenons l’exemple de la culture : quand l’Etat réduit toujours plus (et depuis un bon bout de temps) les budgets qu’elle lui consacre, il faut admettre que l’on est bien content que les marques prennent le relais (avis d’un mec qui a pu assister à un concert gratuit et privé de Placebo avec petits-fours et champagne à volonté), même si on le sait, le but reste de nous faire consommer. Pareil avec les sciences, la NASA et le monde de l’aérospatiale en générale pourra profiter des avancées réalisées et des données collectées lors de la préparation du saut de Felix.

Seulement, où est-ce que cela s’arrêtera ? Et jusqu’où les marques pourront-elles aller ? A nous de voir jusqu’où on en a vraiment envie ! Nous sommes prévenus.

« Quand l’exploration de l’espace intersidéral prendra de l’ampleur, ce seront les multinationales qui nommeront tout. La sphère stellaire IBM, la galaxie Microsoft, la planète Starbucks. »
– Fight Club 

Pour plus de précisions et de chiffres, vous pouvez visiter les excellents sites [Naro]Minded et Lllltl

Van Der Youte