Vendredi, La Youte s’est rendue au sein de l’ancien Théâtre de la Gaîté pour la nouvelle exposition du collectif d’artistes français H5. L’expo, baptisée Hello ™ tourne autour d’un sujet : celui de la marque.

Et quoi de mieux pour interroger le spectateur sur l’idée de marque que de mettre en scène l’une d’entre elle ?

C’est ce qu’à fait H5 : avec Hello, on assiste à la création et à la genèse d’une marque, et ce de A à Z. Son logo, ses valeurs, son histoire, tout y est. Les dates clé comme la mort du fondateur de la marque, Harvey Halloway, les événements importants comme la rencontre entre Bartholdi (sculpteur de la Statue de la Liberté) avec l’un des dirigeants ou encore la nomination au poste de ministre de l’Industrie américaine d’un des Halloway par John F. Kennedy ; son Brand Book, document interne qui explique la vision globale de l’entreprise défile sous forme d’un power point divulgué aux spectateurs ; des affiches historiques comme celle invitant les téléspectateurs à assister en direct aux premiers pas de l’Homme sur la Lune sont exposées, et l’heureux visiteur peut même assister à un film réalisé par la marque, avant de jouer à un jeu-vidéo où il incarne un aigle, symbole et logo d’Hello.

Quoi de plus sympathique pour découvrir une marque ?

Sauf que celle-ci n’existe pas. Hello est une invention pure et simple, et c’est cela même que l’on trouve génial. Même averti avant l’exposition qu’Hello n’existe pas en dehors de notre imagination, on en vient à douter. Je me suis parfois surpris à démêler le vrai du faux, à chercher les références, les retouches dans les photos « historiques » qui nous sont montrées. Tout le travail réalisé par H5 est extrêmement crédible. Seuls les produits ou services de la marque demeurent obscurs. On comprend vaguement qu’Hello est l’une de ces entreprises mécènes qui investissent dans le futur (terme qui figure dans son slogan) par le biais d’infrastructures (le canal de Panama), à travers l’Art, la science (via la recherche génétique) ou qui, dans sa vision humaniste, tente d’apporter une solution au problème de la faim. Une entreprise comme on aimerait en voir plus en somme.

Pourtant, bien que chaque citoyen qui vit (sommeille ?) en nous ne peut que tirer son chapeau à la connaissance de telles actions, la visite prend parfois une tournure oppressante, presque effrayante. Certes ce petit aigle est bien sympathique, avec ses plumes jaunes et bleues (des couleurs rassurantes) mais son regard nous transperce parfois, et on se retrouve à repenser à 1984 et au Meilleur des Mondes. En entrant dans la salle où sont exposés les 880 portraits des membres de la communauté Hello par exemple : sur les murs figurent en effet 880 photos d’œufs tous identiques, chacun ayant pourtant son identité propre.

Hello est omniprésente.

Big Brother plus mignon que l’orginal, Hello n’en est pas moins puissante : on ne peut lui échapper, car elle est partout. Science, art, urbanisme, loisirs… Cette présence s’opère jusque dans la bande son originale, crée spécialement pour la fausse marque par le vrai Alex Gopher. Les cinéphiles pourront d’ailleurs retrouver des similitudes avec la BO du mythique Blade Runner et un parallèle peut être établi entre Hello et la Tyrell Corporation.

Au final, l’expo se révèle très intéressante et rempli parfaitement son rôle d’incitation à la réflexion. Je recommande chaudement !

Les – (parce qu’il en faut) :

On reste sur sa faim, le parcours étant assez rapide. La scénographie (parfois excellente), laisse souvent à désirer. Et surtout la signalisation, due au lieu surement : j’ai raté deux salles (et je ne suis pas le seul), qui avaient pourtant tout pour me plaire ! Une grosse déception de découvrir cela après coup !

Les + :

Les détails mêlant fiction et réalité : il y en a énormément, c’est recherché, parfaitement crédible, au poil. L’exposition est vivante, moderne et nous fait réagir : ça cogite encore à la sortie. Le lieu est agréable, le prix plus qu’abordable (5€ pour les moins de 26 ans, 7€ pour les autres). Plusieurs événements (concerts, nuit de la fin du monde le 21 décembre) et ateliers sont organisés.

Le « c’est bien mais ce serait mieux si » :

L’expo continue en dehors de la Gaîté Lyrique sur les réseaux sociaux et dans la rue sous forme de marketing sauvage, mais on aurait aimé la ressentir encore plus à l’extérieur !

Vous avez jusqu’au 30 décembre pour y mettre les pieds !

http://www.gaite-lyrique.net/hello

Van Der Youte. 

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