Prélude : nombreux sont les jeunes aventuriers dans mon genre qui décident de quitter nid douillet et autres amis d’enfance pour se lancer dans une année à l’étranger. Une année qu’on leur a prédit de toute part inoubliable. Erasmus, cette invention que tout bénéficiaire européen bénit chaque jour de son existence comme un cadeau du ciel. Une vraie religion.

Mais je vous arrête tout de suite, si je décide de reprendre la plume dans ce qui fût mon bébé de seconde année de DUT info-com (Oui, WeYoute désormais appelé IUT time, c’est un peu aussi mon bébé) c’est pour abattre clichés et autres pré-requis sur, ce qui pourrait être pour vous aussi un jour, la meilleure année de votre vie.

Je suis depuis 3 mois en DUETI journalisme international & Web 3.0 dans la charmante ville d’Amsterdam. Ça vend du rêve. On est tous d’accord.

On part de paris avec beaucoup d’aprioris et de peurs. Entre excitation et angoisse, on se pose 1 000 000 questions et on saoule tout le monde, oui le monde entier, avec notre départ. Amsterdam a en plus de toutes les autres destinations européennes, une réputation bien à elle. Temple du cannabis, impossible d’y vivre sans humer de son parfum par inadvertance.  Sorti de la gare “Centraaaaaaaal” (ils aiment bien mettre plein de aaaa partout), l’odeur prend au nez. Un pas. Deux pas. 100 mètres. Les murs sont imprégnés de cette odeur au goût de l’interdit. Oui Amsterdam est une ville qui se respire.

On se dit dans un premier temps, c’est quoi cette population de camés. Comment ils tiennent sur leurs vélos, comment ils font pour pas se faire écraser par le tram, comment, comment, comment ? Notre esprit de français nous empêche de comprendre. Nous empêche d’apprécier un pète sans se sentir coupable. Toute la famille restée en France a peur de voir rentrer leur enfant Junky. Tous les amis t’envient. Enfin tout le monde fantasme. Toi tu stresses.

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Au détour des quartiers touristiques on croise les vrais Dutch (NDLR: Entre Erasmus students on appelle les hollandais les Dutch, même entre français. #bilingue ma gueule). Facile de les reconnaître : blonds, grands, un peu beaux gosses, bref, tout droit sorti des magazines Ikea. On se dit que quelque chose cloche. Sympas, agréables et totalement normaux (si être grand et blond fait parti de la normalité) on est pas habitué. On les trouverait même plus accueillants que nos parisiens nationaux. Et c’est en discutant avec eux qu’on apprend qu’ils consomment très peu, et « très mieux ».

Les Dutch sont malins. Ils évitent coffee shops et quartiers du centre. La beuh c’est mieux chez soi. La population n’est pas camée, délabrée et ralentie. L’anarchie ne règne pas dans les rues. Non, la population hollandaise est au contraire bosseuse et super organisée (le froid rend sûrement les populations du nord plus dures à apprivoiser, qui sait). On les laisse juste faire ce qu’ils ont envie, quand ils en ont envie. C’est peut être aussi pourquoi la Hollande est le 3ème pays le plus heureux du monde.

Alors on comprend vite que la légalisation du cannabis en hollande (il y 40 ans maintenant) n’aura jamais tué personne, ni transformé la population en Junky. Tout comme un petit pète de qualité de temps en temps. Même si mémé nous rabâche que ça nous brûle le cerveau. En revanche, un petit pète croisé au pneu issu de notre marché noir national, que notre gouvernement français s’entête à maintenir, lui peu tuer. Mais bon, c’est taboo. Bouh.

On se rend également compte que la beuh ça rapporte. Beaucoup. Ça rapporte au gouvernement. Ça rapporte aux villes. Aux autres commerces. Aux habitants. Et tout ça dans une atmosphère détendue.

Alors on se pose la question: France chérie, pays de notre enfance, arrête d’être bercée de tant d’insouciance. France, tu attends QUOI? 3 mois à Amsterdam et j’ai trouvé, sans même avoir touché à un pète, une solution à la crise.

Moi je dis, merci Erasmus.

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Camille