Drogués aux MP3, à Deezer et au téléchargement, la plupart d’entre vous ont déjà déserté les disquaires et les rayons CD de la Fnac et de feu Virgin Megastore.

Compréhensible pour des raisons économiques : à 20 boules le CD quand on n’a que du riz à manger, télécharger illégalement devient un réflexe. Le format digital se révèle aussi pratique, Mark Hoppus (Blink-182 bande d’incultes) dira d’ailleurs « Maintenant, je peux acheter de la musique à 2h du mat en slip. J’aime ça. J’aime pouvoir acheter de la musique en slip ». Je n’écris pas ici pour prêcher la commodité et les avantages qu’offre le format digital, mais au contraire pour vous parler d’un truc de vieux cons et de hipster : le disque vinyle.

Vos papas, vos mamans (peu importe combien vous en avez) en ont surement eu un certain nombre lors de leurs jeunes années, avant de passer par la suite à la seule révolution des années 1980 : le Compact Disc. Le vinyle, véritable objet de culte des bobos , est aujourd’hui le seul format à plus se vendre au fil des années (+50% des ventes en 2012 pour la Fnac). Ce retour au vinyle peut s’expliquer par la hype du vintage (cf : la meuf toute droite sortie de Tumblr, qui pose avec son vinyle des Beatles et ses lunettes de geek sans verre) mais aussi par l’amour de l’objet : la pochette grand format, l’odeur du carton, le son plus chaud et les deux faces qui nous obligent à être attentif à ce que l’on écoute. Personnellement, je trouve le vinyle formidable pour une raison : il nous oblige à prendre l’œuvre de l’artiste dans sa totalité. Fini de zapper les morceaux aussi facilement que les chaînes de la télé ou le mode shuffle d’iTune.

Le retour des galettes noires doit aussi beaucoup aux labels indépendants qui n’ont jamais cessé de produire des disques vinyles. Souvent en quantité limitée, dans des versions transparentes et colorées, le vinyle s’est re-popularisé : d’abord chez nous, qui ne connaissions pas forcément le format, mais aussi chez nos parents qui y retrouvent le son de leurs jeunes années. Suivant le mouvement, le Record Store Day est organisé pour la première fois aux Etats-Unis en 2008 par diverses associations de disquaires indépendants. Le concept est simple : le troisième samedi du mois d’avril, des disques sont édités ou réédités en très petites quantités (allant de 100 à quelques milliers d’exemplaires) puis vendus dans des magasins indépendants. La formule fait un carton et attire chaque année des milliers d’amateurs chez les disquaires. En France, le Record Store Day aura lieu pour la troisième année consécutive le 20 avril 2013.

Alors certain me diront que oui, les vinyles, ça coûte de l’argent et il faut être équipé. Mais aujourd’hui, la plupart d’entre eux s’achètent au même prix que l’équivalent CD et en plus de cela, contiennent un code pour télécharger les morceaux numériquement : votre iPod ne s’en sentira pas plus délaissé. Plus classe que la clope, plus authentique que le MP3, plus beau que le CD et plus agréable que la K7, le vinyle reste l’expérience musicale ultime.

Van Der Youte