Cette rentrée 2013 n’offre rien de bien excitant culturellement. Les sorties CD sont pauvres, pour ceux qui ne se touchent pas sur le clash B2O/La Fouine évidemment et… Ouais bon j’ai pas d’autres exemples. Toujours est-il que, et c’est mérité, l’événement de ce début d’année est la sortie de la nouvelle œuvre de Quentin Tarantino, Django Unchained. Le pitch est, somme toute, assez simple. Django, esclave affranchi, rejoint le chasseur de primes Docteur Schultz avec pour but ultime de retrouver sa femme dans une plantation appartenant à Di Caprio. Seulement voilà, avec un projet aussi excitant et ambitieux sur le papier, Quentin ne pouvait pas se rater. Et, dire qu’il s’est raté serait de mauvaise foi mais, laissez moi quand même, vous expliquer pourquoi Django est surcoté. 

 

ImageCasting de rêve, l’incroyable Christoph Waltz retrouve le réalisateur l’ayant révélé quelques années plus tôt en général nazi complétement atteint. Il est accompagné par Jamie Foxx, sur le chemin de la rédemption. Le tout dominé par un magistral et définitivement trop rare en méchant. A cela on ajoute un Samuel L. Jackson d’une impertinence géniale et une Kerry Washington bien transparente face à ce beau monde.

 

Une scène d’ouverture longue et faite de dialogues jouissifs, orchestrée par le maître Waltz et l’on se dit que le massacre ne fait que commencer. Seulement voilà, on y réfléchissant bien, on l’attendait cette scène d’ouverture. Au même titre qu’on attendait le caméo de Tarantino himself ou encore ces débordements de violence caractéristiques au réalisateur américain. Et c’est le reproche que je vais au film. Django Unchained est le best-of de Tarantino. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la gloire du fabuleux réalisateur. Vous en faire une liste serait inutile mais je suis sur que vous voyez de quoi je veux parler.

 

Bien sur, se pencher sur les défauts du film serait l’enterré trop facilement. On ne peut pas nier que la fameuse scène du Ku Klux Klan restera culte, au même titre que l’alchimie qui règne entre les membres de ce casting de luxe. Mais le tout est trop lisse.  Pour se recentrer sur les dernières œuvres de Quentin, le traitement historique importait bien moins dans Inglorious Basterds et même si les puristes peuvent hurler au blasphème face à cette fin idéale, Tarantino se sert d’un contexte historique pour offrir une histoire qui ne se réclame réelle pas une seule seconde. Du coup, les personnages sont beaucoup plus grandiloquents et nous offrent de véritables moments d’euphorie. Certes, le contexte historique de Django est beaucoup difficile à traiter selon moi. Pour la majeure partie d’entre nous, il est beaucoup plus facile de voir un nazi se faire scalper plutôt qu’un esclave noir-américain. Et pour l’autre partie, paradoxalement c’est le contraire. Mais avec Tarantino on est du coté des gentils. Car oui, Di Caprio réussit une performance incroyable, c’est méchant d’une trempe universelle. Le hic, c’est qu’on ne s’attache pas à lui une seule seconde. Si Hanz Landa peut se targuer d’être le pire militaire qu’on puisse trouver au cinéma, on éprouvait un plaisir coupable à le voir déambuler parmi les autres Goebbels ou encore Hitler himself. Et là on se dit « Merde, Tarantino nous offre une vision bipolaire de l’histoire : les gentils esclaves versus les méchants propriétaires d’esclaves / les gentils du nord des Etats-Unis versus les arriérés du sud. » Et l’intérêt se perd.

 

Le cinéma de Tarantino a de jouissif qu’il est un exutoire formidable pour nos nerfs. On se plait à voir un haut dignitaire nazi mener en bateau un pauvre français cachant des juifs. On aime sentir la sueur palpable du Boulevard de la Mort. Et malheureusement, dans Django on aime les gentils, et on déteste les méchants.

 

Django Unchained est un excellent film, ne le nions pas. Mais pour un réalisateur de ce type, on attend autre chose que 3 heures de redite, tristement lisse de surcroit.

Nathyoute

 

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