Je ne serais pas une vraie expat’ à Amsterdam si je ne vous parlais pas de vélo. Même un peu. Encore.

 

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Lorsque l’on pose le pied sur le territoire Hollandais, la première chose que l’on remarque ce sont ses vélos. Non pas pour leurs couleurs atypiques, ni pour leurs accessoires « kitschissimes », mais plutôt pour leur capacité à dominer le paysage ambiant. Oui, Amsterdam est une ville à hauts risques, aussi dangereuse que Rio. Entre le mal de fesses, les embouteillages et les chutes, on apprend à l’aimer. Le vélo.

Le vélo aux Pays-bas c’est tout le temps, et par n’importe quel temps. Jouer au malin (NDLR: ou au français dans d’autres termes) et ne pas se bouger de la piste cyclable au premier retentissement de sonnette, et c’est platrage assuré. On apprend à se méfier, mais jamais assez trop: le vélo à Amsterdam c’est une religion. Tu ne bouges pas, on te tue.

Mais on se dit en tant qu’étudiant Erasmus que le vélo c’est sympa, convivial, développement durable et bobo de merde. “Bref J’A-D-O-R-E”. On achète son premier vélo à 40 euros. On se doute bien que c’est un vélo volé. Mais on fait mine de ne pas savoir. On se fera voler le siens au moins une fois dans l’année de toute façon.

Donc. On se met en mode artiste peintre: bombe, flowers en plastiques, sonnette de Barbie et panier de Wendy, mon vélo est le plus beau de tous, je suis prête à braver les tempêtes.

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Autant le dire tout de suite, le vélo ici c’est pas pour aller chercher le pain frais un dimanche matin ensoleillé. Non. C’est tous les jours, qu’il vente, neige, pleuve, grêle, pour aller au boulot, que le bureau soit à 5 minutes comme à 45. Le Dutch n’a pas peur de la distance. 6km? fastoche. Je te les fais firgers in the noze.

Après 1 chute et 2 allers/retours sous la pluie (sans parapluie, sinon ce n’est pas drôle) on abandonne une première fois et préfère au vélo les transports en commun. Habitude qu’on oublie vite, au regard du prix de ces derniers. On pleure de frustration. La vélo DOIT être ton ami. Pas le choix.

Alors c’est quand on croit avoir bravé le pire que le meilleur arrive. Au moment où on ne s’y attend pas. Normal. Sinon ce n’est pas drôle non plus. Début de soirée arrosée, direction les canaux du centre de la ville pour petite soirée sur péniche. Sounds good. Au beau milieu de nul part, à mi chemin entre le point de départ et le point d’arrivée (soit à 20 minutes de chacun d’eux), l’arrière se fait lourd. Ah? puis un bruit retentit. “Plof”. On serre les dents, puis les fesses. Et oui, “flat tired man”. Il fallait bien que ça arrive un jour, à force de porter la copine qui veut jamais prendre son vélo. La connasse.

On prend 1 taille de jeans, parceque le vélo ça fait les cuisses (et de bons jambonos). On transpire 5 fois plus qu’on avait l’habitude à Paris. On dort comme un bébé le soir, et on finit par abandonner les coiffures “brochinguées”, de toute manière un coup de pédale et c’est crinière de chien mouillé assurée.

Quand l’hiver pointe le bout de son nez, soit dès le mois d’Octobre et ce pour une durée indéterminée (oui c’est le Nord quand même), on voit lentement les canaux geler au rythme de ses mains sur le guidon. On passe de jeunesse-cheveux-au-vent-sourire-aux-lèvres, à Esquimau-emmitouflé-de-la-tête-au-pied qui pleure, car -1C° sur le vélo ça fait chialer. On abandonne le sac Gérard Darel pour opter pour le sac-à-dos Eastpack. Pratique. Doux sentiment de retour au collège. Il ne manquerait plus que les bagues et les boutons d’acné.

Mais bon, ce qui est bien c’est qu’ici, à Amsterdam, ça ne choque personne. Tu pues, tu ressembles à rien (le sac à dos à Paris: NO WAY), tu as les fesses mouillées (bah oui, la cèle quand il pleut elle bien remplie d’eau fraîche), bref t’as pas de style, mais tout le monde s’en fout, c’est normal, c’est le vélo.

Camille.

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