Depuis le 2 octobre 2015 et jusqu’au 7 février 2016, l’exposition WARHOL UNLIMITED vous attend au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris (11 avenue du Président Wilson, XVIème arrondissement), c’est-à-dire tout près de l’IUT pour nous les Cartésiens. Comme son nom l’indique, cette exposition vous offre une rétrospective exceptionnelle sur le travail d’Andy Warhol de 1964 à 1980. Là-bas, vous vous baladerez au milieu d’environ 200 œuvres de l’artiste : du jamais vu à Paris !

Avant toute chose et avant même d’avoir franchi le seuil de l’exposition, qui est immanquable, vous serez capable d’admirer un portrait en pied de notre cher Andy Warhol, accompagné de la première description de la visite. En effet, dans cette exposition et comme dans beaucoup d’autres, vous retrouverez plusieurs encadrés où se trouvent écrits noir sur blanc quelques anecdotes, explications et surtout citations d’Andy Warhol lui-même représentatives de la salle dans laquelle vous vous trouvez.

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Portrait en pied d’Andy Warhol

 

Maintenant il est temps de faire un pas dans cette exposition ! Face à nous : Warhol, tout droit venu New York. À notre gauche, Warhol. À notre droite ? Warhol, vous dites ? Non, désolé, mais bien tenté ! Ceci étant dit, vous avez compris que dans cette première salle, on est presque encerclé par ses autoportraits… Mais ce qu’il y a d’encore plus surprenant, c’est ce qui se trouve sur les murs derrière nous : les fameuses conserves de « Campbell’s soup ». Et oui, nous pouvons enfin acquiescer de ces tableaux mythiques en réalité ! Ce qui est sûr c’est que, d’après cette salle, vous êtes vraiment dans la bonne exposition, et vous êtes ici avec Andy Warhol. Si vous ne me croyez pas, lisez donc ses propres mots : « Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien derrière. » (Andy Warhol, The East Village Other, 1er novembre 1966).

Continuons à présent dans la seconde salle qui représente un tout autre univers. En fait, ici l’ambiance est plutôt au noir et blanc, aux portraits et surtout aux films. Dans cette pièce principalement sombre, les grandes toiles blanches se laissent éclairer par la lueur des rétroprojecteurs. Ces derniers animent les toiles avec des images monochromes défilant secondes par seconde. En effet, 16 images par seconde, pour être précise, créent des films pouvant durer aussi bien 4 minutes que 41 minutes mais surtout des films exposant des acteurs, comme Jane Holzer ou plus excentriquement Mario Banana. Bien que vous n’alliez certainement pas rester 41 minutes à fixer un de ces acteurs, l’idée reste tentante et amusante.

Retournons aux couleurs avec la suite de l’exposition. À partir d’ici, vous ne serez pas entouré d’arcs-en-ciel mais de vaches. Et oui ! Je suis sûre qu’on a déjà tenté de vous faire croire qu’il y avait un éléphant rose dans le ciel et bien ici ce sont des vaches multicolores sur les murs. Original, effectivement, mais ce papier-peint est tout de même recouvert à certains endroits par d’autres œuvres telles que les Chaises électriques, disponibles aussi dans toutes les couleurs. Désinvolte ou dénonciation, en tout cas ici « la peine capitale se voit réduite à un argumentaire de vente ».

Ensuite, « Je ne crois pas que l’art devrait être réservé à une élite, je pense qu’il devrait être destiné à la masse des américains et généralement ils acceptent l’art, de toute façon. » a dit Andy Warhol. Si cela est vrai et que vous êtes un minimum nostalgique des années 60, vous serez ravis de pouvoir vous replongez dans sa deuxième exposition personnelle « The Personality of the Artist » qui s’est déroulée à la Stable Gallery en 1964. D’un autre côté, à cette même période défilent en masse des photos de Jackie Kennedy. Cette idée de répétition, propre à Warhol, le pousse à consacrer son art à la première dame durant un an. Après cela, il préfère se tourner vers les fleurs, apparemment elles étaient à la mode !

Un peu plus tard, il semble que ce soit Mao Zedong qui soit devenu à la mode, puisque l’artiste lui a consacré une bonne partie de son temps ! En fait, le Grand Timonier critiquait l’art et la personnalité de Warhol, tandis que ce dernier se chargeait de créer un papier-peint et des tableaux de son portrait sans grande originalité étant donné qu’il se demandait « Mais pourquoi devrais-je être original ? ». Même si vous ne trouvez pas la réponse à cette question, vous ne pourrez plus jamais oublier le visage de Mao après être passé dans cette salle pleine d’ironie.

Ne partez pas, la visite n’est pas finie et le meilleur reste à venir… Bon, je vous avoue que j’ai trouvé la partie qui va suivre assez étrange mais il faut patienter un peu et là vous comprendrez mon propos ! Pour y arriver, on passe avant tout dans un couloir rempli d’objets, affiches, photos et citations en tout genre. L’ensemble étant éclairé par des lumières tamisées, il met déjà en place le décor suivant. En passant dans la salle suivante, vous vous plongerez dans l’univers du groupe « Velvet Underground ». Pour cela, je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir par vous-même !

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En direction du Velvet Underground !

En revanche, je pourrais vous parler de la salle suivante pendant des heures : c’est génial ! Mais faites attention tout de même, parfois ça vous tombe dessus… Et oui, ici on est dans la salle des Silver Clouds ou Coussins argentés en français. En fait, cette couleur était celle des murs de la Factory de Warhol et apparemment ses reflets avaient l’avantage « de faire « tout disparaitre » ». Pourtant ces objets flottants, eux, n’ont pas disparus. Encore heureux, parce qu’ils ont un certain charme à virevolter dans les airs comme ça. Je ne veux pas m’étaler là-dessus mais j’espère que vous apprécierez. Après tout, si vous préférez les choses ennuyeuses, comme l’a avoué l’artiste, vous allez adorez Empire ou le film de 8 heures et 5 minutes (à peu près le temps d’une bonne nuit). Or s’il existe réellement une vertu à l’ennui alors ce film est une perle rare.

En parlant de perle rare, pour la première fois en Europe, vous pourrez admirer les Shadows. Dans cette dernière et plus grande salle, vous attendent 102 tableaux plus colorés les uns que les autres. De plus, ils mettent expressément en valeur l’art de la répétition de Warhol. Cette salle est peut-être considérée comme la fin « officielle » de l’exposition, mais deux suppléments sont présents à l’extérieur. Premièrement, le moment si cher des films hollywoodiens, c’est-à-dire le baiser, a été repris en gros plan et sans intrigue dans un film plutôt « warholien » projeté sur le mur à gauche de la sortie. Deuxièmement, vous pourrez vous prêter au fameux portrait de l’artiste en créant le vôtre ! Quoi de mieux pour se souvenir de cette exposition exceptionnelle ?

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Last but not least : The Shadows.

 

Anaëlle