La Russie, « une culture profondément enracinée de la tricherie » selon l’AMA.  

Lundi 9 novembre 2015, un scandale de dopage chez les athlètes russes est révélé au public. C’est l’Agence mondiale anti dopage (AMA) qui publie un rapport mettant en cause l’athlétisme en Russie. On parle alors de  “dopage organisé”.

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Maria Savinova et Ekaterina Poistogova, spécialistes du 800 m

 

 

Historiquement la Russie s’est toujours démarquée des autres nations participantes aux Jeux Olympiques. On a tous le souvenir de Sergei Bubka et de son ascension fulgurante au premier rang des perchistes internationaux.

Le palmarès de la Russie aux JO de 2012 est impressionnant : 17 médailles dont 8 en or. C’est la 2ème nation au tableau des médailles.

L’AMA met en cause de nombreux athlètes Russes. Le monde de l’athlétisme est bouleversé.

 

  • Comment la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a pu passer à côté de ces accusations ?  

Retour sur le rapport de l’AMA : La source de ce scandale est un documentaire diffusé sur les chaînes allemandes  dans lequel des athlètes russes ont révélé s’être dopés tout au long de leur carrière. Ils ont expliqué que le dopage fait partie intégrante du processus de fabrication des champions en Russie. Les athlètes ont une obligation de résultat. Seul le dopage leur permettait ces performances. Dans ce rapport, sont ciblés la Russie, l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme), les entraîneurs, médecins et les membres de l’Agence Anti Dopage de Moscou (RUSADA). Ils sont accusés  d’avoir dissimulé les résultats positifs de contrôles antidopage. Toujours selon l’AMA, 1.417 échantillons ont été détruits en décembre 2014 à la veille d’une visite de la commission d’enquête par le laboratoire antidopage de Moscou.  Aujourd’hui, la Russie est suspendue de compétition par la Fédération internationale d’athlétisme pour une durée indéterminée. Sans autorisation de l’AMA,  on pourrait assister à une absence des athlètes russes aux prochains Jeux Olympiques à Rio en 2016.

Elle qui devait accueillir les Mondiaux Juniors d’athlétisme à Kazan du 19 au 24 juillet 2016 s’en  voit retirer l’organisation du fait de cette suspension.

L’AMA fait ressortir  l’existence dans le monde sportif russe d’ « une culture profondément enracinée de la tricherie ».

En conséquence ce rapport recommande d’exclure les athlètes russes de toute compétition.

Les athlètes comme Julia Stepanova  (spécialiste du 800m) qui ont témoigné dans ce documentaire on depuis dû quitter la Russie. Ils sont les éléments déclencheurs des investigations de l’AMA.

L’histoire commence avec les déclarations d’anciens athlètes russes  dopés.

  • Cette affaire ne touche pas seulement la Russie.

En France, des accusations de corruption voient le jour. Récemment la justice française a mis en examen quatre personnes  dont  Lamine Diack, ex-patron de l’IAAF, soupçonné d’avoir couvert des contrôles de dopages en échange d’argent.

Le problème ne touche donc pas uniquement la Russie mais  l’athlétisme au niveau mondial.

  • Des nouvelles qui n’arrangent pas la culpabilité de la Russie.

Peu de temps après la sortie du dossier de l’AMA, l’athlétisme russe est secoué. Mardi 10 novembre 2015, Grigori Rodtchenkov, directeur du laboratoire antidopage de Moscou présente sa démission au ministre russe  des Sports, Vitaly Mutki. Il est accusé d’avoir détruits des preuves de dopage. Cette information accentue la culpabilité de la Russie.

Le ministre des sports a déclaré aux agences TASS (agences de presse russe), en parlant de Grigori Rodtchenkov, « Il a décidé de démissionner pour emmener toute la négativité avec lui ».

  • Le dopage russe, une affaire d’Etat ? Des questions se posent

Pourquoi ce rapport n’a pas vu le jour plus tôt ?

C’est la question que tout le monde se pose. Avec toutes les victoires de la Russie (pas seulement dans l’athlétisme), des contrôles antidopage auraient dû être effectués depuis longtemps.

Des questions se posent sur l’implication de l’Etat dans cette affaire.

Vladimir Poutine a rejeté toute la  responsabilité de l’Etat dans ce dossier.

Cependant, l’AMA explique que la pratique du dopage n’aurait jamais existé “sans l’approbation tacite ou explicite des autorités du gouvernement russe”. L’agence mondiale n’accuse pas seulement les athlètes dopées et entraîneurs mais toute une organisation du dopage dans le sport.

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Vladimir Poutine

 

  • L’avenir des athlètes

Les athlètes russes se sont toujours beaucoup impliqués dans les Jeux Olympiques par le passé. Si leur absence était confirmée pour les Jeux Olympiques à Rio  en 2016, le spectacle perdrait en intensité.

“Tous ceux qui sont impliqués, officiels, managers ou entraîneurs, doivent payer le prix. Mais les athlètes normaux, ceux qui n’ont rien à voir avec l’affaire, ne doivent pas manquer une seule compétition”, déclaration de Sergueï Bubka (ancien perchiste, recordman du monde et vice-président de l’IAAF). Selon lui, cette affaire doit être gérée “au cas par cas, personne par personneavant de suspendre tous les athlètes russes.

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Sergueï Bubka, ancien perchiste et recordman du monde, vice-président de l’IAAF

Si on prend un peu de recul sur ce dossier, il ressort que la Russie, deuxième puissance sportive au monde, a toujours pris soin de maintenir sa suprématie. Les Jeux Olympiques en tant qu’événement mondial, constituent aussi  une opportunité de se mettre en avant sur la scène internationale.

Dans la  culture  russe, les athlètes sont conditionnés pour la réussite, la performance  quel qu’en soit le prix.

 

 Amina , 27/11/15.

 

 

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