“Habemus Papam”? Pas encore, mais nous avons malgré tout de quoi faire d’ici là. À peine un an après la sortie de leur troisième album Meliora, le groupe suédois de Heavy Metal Ghost revient avec un nouvel E.P. baptisé Popestar.

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Satan n’a jamais été aussi vendeur

Le chant est toujours assuré par Papa Emeritus III, leader du culte, et les musiciens sont toujours les “Nameless Ghouls”, des ghoules sans nom en français, chaque membre du groupe n’étant reconnaissables qu’à un symbole présent sur sa tenue. Comment décrire la musique de Ghost? C’est un mélange du Heavy Metal classique, parfois psychédélique, des plus grands groupes des années 70-80 tel que Black Sabbath et du Doom Metal, sous-genre sombre et pesant comme Candlemass. S’ajoute à cela une esthétique et un univers tiré du Black Metal, notamment pour la peinture faciale en noir et blanc et le thème des chansons, très centré sur Satan et autres démoneries du genre. Cependant, comme presque tous les groupes de Metal, Ghost ne prône en rien le satanisme, les textes du groupes sont plus métaphoriques que sataniques.

Mais qu’en est-il de ce second E.P. dans lequel ce trouve une seule chanson originale et 4 reprises de groupes totalement différents musicalement parlant?

 

De légères différences mais un esprit toujours là

La première chanson, nommée Square Hammer, seule chanson dévoilée avant la sortie de l’album, reste dans l’esprit de Meliora avec des sons de claviers plutôt hors-sujets dans un groupe de Metal, avec un synthé entraînant en ouverture de la chanson notamment. Le solo de guitare couplé au clavier est lui aussi Cependant, quelques différences sont à noter, notamment la voix de Papa Emeritus III, légèrement différente de l’album précédent.

La chanson suivante, Nocturnal Me, originellement interprétée par Echo & the Bunnymen, nous replonge dans une atmosphère plus angoissante mais aussi plus calme que la chanson d’ouverture. Ici, on retrouve l’ambition de Ghost de véhiculer des sensations proches du cinéma d’horreur, comme a voulu le faire Black Sabbath à une époque qui remonte maintenant à presque 40 ans de cela.

Plus aérienne, I Believe de Simian Mobile Disco se démarque du style classique de Ghost en sonnant plus joyeuse que les autres chansons du groupe. La totalité de la chanson étant portée par le clavier et ne comptant aucun autres instruments, on retrouve un son d’orgue religieux, particulièrement apprécié du groupe sur d’autres titres.

La quatrième chanson, Missionary Man, chanson de Eurythmics (célèbres pour Sweet Dreams are Made of This), se caractérise par des sons de guitare plus lourds et surtout une poussée vocale récurrente faisant penser à du Rock plus classique, voire du Hard Rock. Le tout accompagné d’un solo aux sonorités étranges dans le Metal.

La chanson finale, Bible, de Imperiet, la plus longue de l’E.P., sonne pleine d’espoir, malgré les paroles, se terminant sur l’extermination de la race humaine par leur créateur. Ces paroles tout justement ainsi que les sonorités de la chanson peuvent faire penser à une chanson de Gospel, donnant presque l’impression de l’entendre à l’église.

Un opus moins démoniaque

Ce qui ressort de l’album est l’absence de la thématique d’une religion sataniste, pourtant caractéristique du groupe. Pas de de chœurs religieux, pas de démons comme dans Infestissumam. Ceci est en grande partie explicable par le fait qu’on ne trouve presque que des reprises sur l’E.P., qui ne sont donc pas des compositions originales de Ghost. L’album reste cependant une bonne écoute et toujours un concept original et attrayant, en attendant que le Conseil ne rassemble une nouvelle fois les Nameless Ghouls et ne proclame un Papa Emeritus IV, annonciateur d’un nouvel album.

Elliot DARCHIS