Le 9 octobre a eu lieu la 38ème édition des 20km de Paris. Cette course est particulièrement appréciée des coureurs, on dénombre 30 000 inscrits pour cette session 2016.

Cette année, en tant que chroniqueur motivé, j’ai décidé de m’y rendre pour faire part de mon expérience.

Un réveil dans le froid qui vaut la peine

Entendre son réveil sonner à 7 heures du matin un dimanche, c’est dur. Mais ça vaut le coup, c’est le jour J.  Celui qui va justifier mes heures d’entraînements à courir courir et encore courir.

J’arrive au Champs de Mars sur les coups de 9 heures. Le timing est parfait, mon départ n’est qu’à 10 heures. J’ai tout le temps de passer la sécurité.

Pour accéder à mon sas de départ, je dois me faire contrôler au stade de l’AFAC Sport, à côté de la Tour Eiffel.

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Des policiers et militaires sont postés un peu partout. Leur présence n’est pas étonnante. Les 20 kilomètres de Paris sont organisés au profit de l’Armée de l’Air. On ne plaisante pas avec la sécurité.

Le contrôle est long. Trop long. Je réalise que j’aurai dû prendre plus d’avance, il est 9h30 et je suis toujours dans la file d’attente. Je commence à devenir nerveux et le stress monte.

Enfin arrivé à l’entrée du stade, je me fait contrôler par un des 4 agents de sécurité affectés à l’événement. Quatre agents, pour 30 000 coureurs. Il faut donc être patient. Mais bon, mieux vaut un contrôle lent qu’aucun contrôle.

J’accède à mon sas, à une cinquantaine de mètres du départ. De nombreux participants se sont enveloppés de sacs poubelles, pour lutter contre le froid en attendant le départ.

Finalement, ma montre indique 9h55. Je jette donc ma vieille veste sur le bas-côté et me tiens prêt au départ.

20 kilomètres de souffrance et de remise en question

1oh00 :  le départ est donné. Une telle ponctualité est rare dans les courses. Un grand bravo aux organisateurs.

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Le départ                         C. Photo : Harry Bignon

Nous commençons tous à trottiner pour quitter le pont d’Iéna et franchissons la ligne de départ, qui marque le départ de notre chronomètre. A partir de ce moment, chaque seconde compte.
A peine 300 mètres plus loin, un premier bouchon se forme, me contraignant à escalader les barrières sur le côté pour pouvoir passer. Les premiers kilomètres sont pénibles.Non pas à cause de la fatigue mais du nombre de coureurs. Et oui, 30 000 coureurs, ça fait du monde dans les rues.

Après avoir remonté l’Avenue de New York, nous passons devant l’Arc de de Triomphe et remontons vers le bois de Boulogne par l’avenue Foch.

J’arrive à bout des 5 premiers kilomètres en 22 minutes. Tout va bien pour le moment, mes jambes vont bien. Avec un grand soleil, le bois de Boulogne est magnifique. Finalement, la course s’annonce plutôt bien.

Un homme s’est effondré devant moi ; la faute à la grande quantité d’eau déversée sur le sol devant le stand de ravitaillement. Un autre coureur l’a relevé immédiatement. L’image me fait sourire, c’est pour ce genre de geste que j’adore le sport.

Dès le 8ème kilomètre, ça se complique et la lassitude se fait sentir. C’est inquiétant vu la distance qu’il me reste à parcourir. J’avais surtout hâte de quitter le bois, les rues de Paris étant bien plus sympathiques.

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Passage de l’Arc de Triomphe      @runners.fr

Mais qu’aperçois-je au 11e kilomètre ? Voilà l’IUT Paris Descartes ! Voir mon école me redonne du panache mais, malheureusement, me rappelle à quel point je suis en retard sur mes devoirs.

Inutile de préciser que la vue y est magnifique. On aperçoit la Tour Eiffel et le Ballon Generali. Ce panorama est le bienvenu, puisqu’il marque le début d’une interminable ligne droite de 6 kilomètres, jusqu’aux abords du Louvre.

Je passe le 15e kilomètre sans faire attention à mon temps. Ce stade de la course est assez particulier : mes jambes commencent à rechigner à la tâche. Cependant, il est trop tôt pour songer à l’arrivée et au repos.

Les kilomètres s’enchaînent et enfin nous arrivons au Pont du Carousel, qui marque le début du sprint final. J’aperçois la station Musée d’Orsay, passe le quai Voltaire, le quai Anatole France…

Enfin. J’aperçois la ligne d’arrivée.

La délivrance !

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Après un sprint final, je récupère ma médaille et marche quelques mètres.  La tentation est trop forte pour ne pas s’affaler au pied la Tour Eiffel. Le verdict est tombé :  1 heure, 26 minutes et 39 secondes. Pas mal, je suis très satisfait de ces 20km. Mon record est battu.

Mes jambes vont mal, et pourtant je ne me suis jamais senti aussi bien. Curieusement, après la souffrance sur plus de la moitié du parcours, je sais que je serai de retour l’année suivante.

Il faut croire que c’est vrai, la course est une drogue.

Un conseil à tous les coureurs : rdv l’année prochaine pour cette course magnifique dans les rues de Paris.

Thomas Dockwiller