Le vendredi 28 octobre, le dernier album du groupe de metal américain Avenged Sevenfold The Stage est sorti dans le monde entier dans la surprise générale.

Le début de la conception de l’album a commencé fin 2015, alors que Brooks Wackerman est annoncé comme remplaçant Arin Ilejay à la batterie. À l’exception d’un cours extrait dévoilé à la fin d’un concours organisé par le groupe le 1er avril 2016, aucune autre information sur l’album ne sera dévoilé avant octobre. Le 12 octobre, un ami du groupe, Chris Jericho, poste sur Instagram le logo du groupe, la Deathbat, avec en dessous 12/09/2016 et le hashtag #VoltaicOceans, qui sera vite supprimé. Cela laisse penser aux fans la sortie d’un nouvel album le 09 décembre 2016 sous le nom de Voltaic Oceans. Le lendemain, paraît le single The Stage, en même temps que le groupe annonce un concert sur le toit de leur nouveau label Capitol Records, rediffusé en VR360° sur internet. Pendant ce concert, la nouvelle tombe : le nouvel album, qui portera le même nom que le single, sortira à travers le monde dès le jour suivant. Dans une interview, le chanteur M. Shadows explique que le groupe ne pouvait plus voir des albums dévoilés au goutte par goutte, perdant ainsi de leur « mystique ». Ainsi est venue l’idée du canular avec la publication Instagram de Jericho.

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Un concept album complexe sur l’IA

C’est la première fois que le groupe axe un album entier sur un seul thème, en l’occurrence l’intelligence artificielle et le questionnement de la survie de l’Humanité. En effet, c’est en construisant plus de machines capables de le dépasser que l’Homme se rend dépendant d’elle et devient victime de sa propre création, comme dans la chanson Creating God. Très inspiré par les écrits de l’astrophysicien américain Carl Sagan et l’ingénieur Elon Musk, le groupe parle beaucoup de l’espace et d’une nouvelle frontière à repousser pour permettre le salut de l’humanité face à la destruction de la Terre. Des inspirations qui ressortent particulièrement sur la dernière piste de l’album, Exist. L’astrophysicien et vulgarisateur américain Neil deGrasse Tyson y lit un court texte qu’il a écrit lui-même pour l’album après avoir demandé au groupe leurs thèmes favoris.

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Un son technique et à l’ancienne

Le chanteur M. Shadows l’a lui-même reconnu dans une interview : leur précédent album, Hail To The King, était très, voir trop proche des sonorités du célébrissime groupe Metallica. Bien qu’un succès commercial, Hail To The King avait déçu de nombreux fans, notamment à cause d’une batterie beaucoup plus simple, bien loin du jeu de The Rev, un des fondateurs du groupe, décédé en décembre 2009 l’âge de 28 ans. L’arrivée de Wackerman, ancien membre de Bad Religion, derrière les fûts et pour l’écriture de l’album, à permis au groupe de retrouver une rapidité et d’incroyables breaks dans les percussions. Associé à un jeu toujours plus technique et des solos toujours aussi acérés de la part du guitariste soliste Synyster Gates, l’album devient véritablement progressif avec des sonorités très techniques et complexes. La voix de M. Shadows semble, quant à elle, d’avoir perdu en férocité bien que toujours aussi puissante, même si certaines montées semblent complexes. En revanche, l’utilisation du scream (cri guttural, ndlr) revient sur certaines pistes telle que Paradigm. Tout ceci fait penser un croisement entre City Of Evil, leur troisième album, et Nightmare, le cinquième. Enfin, des sections orchestrales composées de cuivres et/ou de cordes selon la chanson viennent apposer l’album une touche beaucoup plus monumentale, et même très imposante sur Sunny Disposition.

Cet album, bien que surprenant par son arrivée soudaine, n’en est pas moins très bon et nous pousse à nous renseigner sur cette intelligence artificielle qui ne se développe.

Elliott Darchis 

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