La Bibliothèque Publique d’Information du Centre Pompidou présente jusqu’au 10 avril 2017 une exposition sur le « héros sans-emploi » qui fête ses 60 ans cette année, et son auteur, le dessinateur belge Franquin.

« M’enfin ?! » Voici l’exclamation favorite, bien que souvent improvisée, du célèbre Gaston Lagaffe, employé des Éditions Spirou et inventeur loufoque en herbe. À la base simplement créé pour combler des espaces blancs du Journal de Spirou en 1957, le personnage sorti de l’imaginaire du dessinateur André Franquin gagne de la popularité auprès des lecteurs. Appuyé par le rédacteur en chef de l’époque Yvan Delporte, également ami de Franquin, Gaston commence d’abord à apparaître dans des strips de 3 cases, puis obtiens une demi-page, et enfin une page entière dans le Journal de Spirou.affiche-expo-gaston-finale_web_comp

Pas bête, juste flemmard

Au fil de l’exposition, le visiteur découvre ou redécouvre les différents aspects caractéristiques du personnage ou de la rédaction dans laquelle il travaille, appuyé par diverses planches, croquis ou extrait du magazine. On y découvre certains détails qui composent le personnage de Gaston, qui partage beaucoup avec son créateur. La passion pour les animaux, les valeurs écologiques… Sans pour autant en faire son autoportrait ni en faire un outil de prosélytisme, Franquin a inculqué ses valeurs progressistes à Gaston et par ce biais, au Journal de Spirou, magazine qui, à l’époque, prônait la morale catholique.

Mais l’environnement de travail de Gaston est aussi présenté au cours de cette exposition. On y découvre les premiers croquis de Jules De-Chez-Smith-En-Face, éternel comparse du gaffeur, les autres membres de la rédaction comme Bertje ou Lebrac, M. De Maesmaker…b51d0aa8e6eeda76cb1e84fbc78d0483

Le Parcours de Franquin

Cette exposition nous permet non seulement d’observer les mouvances de Gaston et de la rédaction de Spirou, mais aussi celle de son dessinateur. Il intègre à ses gags des clins d’œil sans en informer la rédaction, critique discrètement cette dernière dans certaines bulles, et réalise même une planche très sombre de Gaston pour Amnesty International, proche du style qu’il adoptera à la fin de sa carrière pour Idées Noires.

Mais Gaston n’est pas le seul personnage de Franquin. Le dessinateur est pendant des années en charge des aventures de Spirou et Fantasio dans le journal. On nous explique d’ailleurs qu’au moment de sa vie où il fait face à la dépression, il ne prend plus de plaisir à dessiner. Sauf Gaston, qui restera définitivement son personnage préféré.

Cette petite exposition, riche en planches originales ou autres documents d’époque, nous permet de mieux connaître l’éternel gaffeur et pourquoi pas, de nous imprégner de ses méthodes de travail ?