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Un week-end au Festival Chorus 2016

L’été c’est le soleil, les vacances pour certains et surtout la fête. Mais c’est aussi la saison des festivals. On revient sur notre passage en avril dernier au Festival Chorus des Hauts-de-Seine. 

Pour sa 28ème édition le festival Chorus des Hauts-de-Seine a animé le quartier de la Défense. Le week-end du 9-10 avril 2016, l’IUT TIME était invité au festival Chorus. Pour la programmation, rien de compliqué. Le choix des artistes a été plutôt large pour satisfaire tous les goûts musicaux.

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« Comment c’est loin »: Orel & Gringe feat le 7ème art

Si je vous dis «  Change de pote, change de pote, change de pote, change de pote ! » ou bien « J’ai tendance à bloquer, bloquer, j’ai tendance à bloquer, HEIN ! » ou encore « Manger c’est tricher ! », vous me dites … ? LES CASSEURS FLOWTERS évidemment !

Ce groupe de Rap formé d’Orelsan et de Gringe, deux rappeurs français, a cartonné avec son dernier album éponyme. Entre instrus entrainantes et punchlines, les deux trentenaires ont rapidement conquis les amateurs de rap, mais pas seulement.

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3010, un nouvel espoir dans le rap game.

3 Mix Tapes, quelques plateaux et d’envergure (Can I Kick It 2 et 3) et déjà des apparitions avec les « grands » du rap game, 3010 incarne la nouvelle vague du rap français.

Originaire de Trappes dans le 78, le rappeur s’est  imposé sur le devant de la scène avec sa série de Mixtapes « Premium ». Malgré son jeune âge (à peine plus de 20 ans), 3010 maîtrise de manière assez impressionnante la forme de sa musique. Avec des titres comme « Lamborghini Twingo » il va même jusqu’à s’inviter chez nos confrères cainri’.

S’il est encore un peu tôt pour parler de révélation, personne ne contredira le potentiel de 3010. Prod’ dynamiques et flow millimétré : le jeune talent rap comme si il avait été nourrit au instrus depuis le berceau. Loin de tous ces FA baby, Karris et autres rappeurs affiliés, ce MC atypique signe l’intro de sa dernière mixtape avec Monsieur Oxmo Puccino, rien que ça ! Fait d’arme qui mérite l’attention de tous.

Rack’s

Disiz – Extra Lucide : vision d’un paria du rap game

Si la fin du monde reste encore à prouver, la fin du rap, elle, n’a jamais été aussi imminente. Loin des dernières prises de bec des “gros bras” de la scène française, le nouvel album de Disiz semble être la dernière lueur d’espoir dans ce vaste champ de ruine qu’est devenu le rap game.

Extra-Lucide, c’est l’histoire d’un combat. Un temps résigné, le vilain petit canard du rap reprend aujourd’hui le micro contre tous ces MC corrompus, ces rappeurs nourris aux OGM et ces gros bras qui roulent des mécaniques à longueur de beat. Si ce clash tragico-comique était plutôt divertissant en 2009 (Les Histoires extraordinaires d’un jeune de banlieue), Disiz the end avait franchement tendance à verser dans le pathétique. Mais la persévérance à parfois du bon. En 2012, le combat du rappeur finit par faire sens. Au beau milieu d’une scène rapologique de plus en plus éclatée, Extra-lucide s’impose donc comme un édifice contre la décadence du rap game.

La collaboration de Disiz avec Mac Miller n’a rien à envier à un 2 Chainz ou autre Rick Ross

Décadence. Au fond, l’esprit d’Extra-lucide c’est ça. Décadence de nos sociétés, trop occupées à savoir ce qu’il s’est passé dans le Sofitel pour voir la faim décimer des peuples. Décadence des valeurs, que les clips de Rn’B auront bientôt finit de tuer à coup de 90C et de jantes alu. Décadence de l’homme, ni plus, ni moins. Disiz est en guerre et rien ne peut l’arrêter. En guerre contre ces marketeurs qui font de nous des légumes à notre insu, en guerre contre notre abrutissement quotidien et inconscient, en guerre contre l’appauvrissement des peuples, aussi bien physique qu’intellectuel. Plus qu’un combat cet album est une croisade. En ces temps de fin du monde, Extra-lucide pourrait bien ébranler les plus réfractaires d’entre nous…

Pour ce nouvel album Disiz sort la croix et la bannière…

Triste constat donc. Mais l’artiste ne désespère pas pour autant. Sous-tendu par une subtile alternance dans les thèmes abordés, l’album véhicule aussi un profond message de paix, d’amour et d’eau fraîche avec des titres tels que « Life is good » ou « Pour l’Homme »… Le nouveau disque d’or chez les hippies ?

A côté de ces questionnement philosophiques on retrouve bien sûr les grands classiques « made in Disiz ». Si la (presque) tragique histoire du « HLM 2ème étage » commence à faire rabâchage, l’artiste nous fais comprendre avec beaucoup de finesse que ses 3 années d’abstinence rapologique ont été lourdes d’interrogations. Dans son marasme existentiel, nombreuses ont été les bouées de sauvetage auxquelles il s’est accroché. Ses proches sont mis à l’honneur avec sobriété, la religion est évoquée sans prosélytisme. Une belle preuve de maturité en somme.

Thomas

Chronique Booba « Futur »

Pour vous donner une idée de ce que je vais pouvoir faire dans les lignes qui suivent, voici ce que j’écoute habituellement :

Voilà j’ai déjà perdu les 2/3 des lecteurs. Bref, tout ça pour vous dire que quand je m’attaque à B2O, j’rigole pas moi. Il veut du hardcore, on va donner dans le hardcore.

Je m’adresse à vous petits bobos ayant redécouvert le hip-hop avec les derniers sons de Tyler The Creator ou encore parce que Projet X « il a une B.O louuuuuuuuurde » et que « The Next Episode » de Dre & Snoop elle est trop « daaaaaar’ ». En gros, vous êtes de fins connaisseurs du monde du rap aujourd’hui. Parmi vous il y en a qui kiffe le rap conscient genre Médine, Youssoupha et dans une moindre mesure Orelsan. D’autre c’est le coté ricain d’la chose qui vous excite. Grosses instrus, grosses voitures, gros seins. Eh bien, notre petit ourson verse plutôt dans la deuxième phase. Ne cherchez pas une seule dose de sentiment ou de revendication dans « Futur ». Les bails sont posés, B2O n’est pas là pour prouver quoique ce soit.

Cet album c’est 1h d’egotrip. Cette pratique tellement répandue dans le rap. Tout un art. Résultat, Booba est typiquement le mec qu’on adore détester. Sauf que le mec a deux, voir trois longueurs d’avances sur les rappeurs çé-fran d’aujourd’hui. Et c’est bien parce que je suis plutôt étranger au milieu que j’avance cette punchline. Il faut juste capter que notre ami venant des quartiers chauds de Pont de Sèvres (areummh…) veut être numéro 1(0), sait qu’il est numéro 1 et sait qu’il le sera encore longtemps. Son concurrent le plus sérieux ? La Fouine qui vient de taper le feat. trop hardcore avec… avec… avec… Patrick Brueeeeeeeeeeel. Trop vénère le mec.

Bref, aujourd’hui le rap français se divise en 3 scènes majeures pas forcément en rapport les unes avec les autres. D’un coté, Booba qui fait dans l’argent sale, les meufs, les voitures et les feat. avec Rick Ross. D’un autre coté, les rappeurs plus instruits que ta mère qui te font des dissertes sur le Coran ou encore sur le malaise de la jeunesse moyenne française (si toi aussi « Etoiles Invisibles » d’Orelsan est une référence « Passe ta chatte au rouleau »). Et enfin, la troisième scène qui tente à verser du coté de Saddam des Hauts de Seine mais qui se fourvoie complétement en s’accoquinant avec le pire du mainstream français. Concrètement, si aujourd’hui on se retrouve avec des affiches géantes de Sinik dans le métro, c’est juste parce que le garçon mesure prêt de 2 mètres.

Sinon « Futur » musicalement ça nous dit quoi ? Album paradoxal. Les instrus sont tellement lourdes, la prod’ est tellement travaillée et dingue que le niveau des lyrics, on finit par s’en balancer. Hormis quelques OVNI, on a l’impression d’écouter 13 fois la même chanson certes. Mais quelques perles agrémentent le tout pour faire en sorte de mettre une claque à n’importe qui jetterait une oreille sur cet album. Amateur de hip-hop américain, le feat. avec 2 Chainz est une merveille. Booba élève le niveau et son confrère ricain explose le tout avec son couplet. Définitivement, Booba et 2 Chainz « C’est la vie » ! A coté de cette tuerie, Rick Ross fait pâle figure. Mais bon, c’est toujours mieux que Patrick Bruel me direz vous. Sinon, depuis Autopsie Vol.4, B2O a appris à se servir d’un vocodeur. Et paradoxalement, « Jimmy » et surtout « Tombé pour elle » sont les meilleurs textes de l’album. Bawai parce que notre ami tatoué quand il s’excite un peu, il réussit à pondre des classiques.

Pour finir je dirais que Booba n’égalera jamais « Panthéon » et c’est normal, car l’homme a changé de registre. Comment écrire « Si j’atteins l’argent ou l’bronze c’est que l’or m’aura échappé/ Alors j’serai de ceux qu’il faudra mettre en zonz’ » quand on est aujourd’hui le rappeur français numéro 1 et que son trône n’est pas prêt d’être attaqué ?

Nathan

Orelsan : « j’y étais »

Il est 20h15. Oui, je regarde l’heure. Je vais même faire un tour sur ma page Facebook et j’hésite encore entre le morpion et la bataille de pouce contre mon voisin de gauche pour m’occuper en attendant Orelsan. J’étais devant le Zénith à 16h30 et le pire c’est que je n’étais pas la première.

Seulement, pour l’instant c’est Superpoze sur scène. Un jeune gaillard (oui le mot gaillard s’emploie toujours au 21ème siècle) qui joue avec ses platines comme mon petit cousin avec ses Légos. C’est impressionnant et au début très entraînant  La fosse s’agite. Il faut dire que depuis l’ouverture de la salle à 18h45 c’était l’euphorie générale à la moindre apparition d’une silhouette sur scène. Mais l’ambiance s’essouffle, les morceaux se ressemblent et l’impatience se fait sentir. Les têtes pivotent : on regarde à gauche et à droite, on attend. Il annonce enfin, de sa voix adolescente, son dernier morceau. La foule crie. Il sait ce qu’il fait, il en a à revendre alors les bras se lèvent et on regrette tous de ne pas lui avoir accordé l’attention qu’il méritait. Le fait est qu’on est tous jaloux et qu’à son âge on rêverait tous d’être à sa place, sur la scène du Zénith invité par Orelsan, en personne. On démonte les platines, on fait place nette.

Hop, une courte page de pub pour maintenir le suspense et un petit court métrage futuriste. Le rideau tombe enfin. Les caméramans sont bien installés, normal on parle de direct sur Canalstreet, de rediffusion sur France O et des rumeurs folles évoquent même un DVD. Il faut dire qu’il nous l’avait bien vendu son show, le normand, à coup de plateaux TV et de concours sur sa page Facebook. Vous l’avez surement croisé dans « Planète Rap » le soir sur Skyrock ou même dans « On n’est pas couché ». Sur Facebook, vous aviez la possibilité, entre autre, de vous filmer entrain de « danser n’importe comment », de lui envoyer votre vidéo afin de la voir projetée derrière lui pendant l’un de ses titres phares.

Orelsan le 16 octobre 2012 interprétant « double vie » (image : Canal+)

Le show commence avec « Raelsan » issu de son dernier album. Aurélien Cotentin (oui oui, c’est son vrai nom) est accompagné de ses éternels compères Gringe et Ablaye. Les instrumentales ont visiblement été adaptées une par une à la scène. On apprécie la présence d’un guitariste, d’un batteur, d’un DJ et d’un synthétiseur. Le son est intense, la voix d’Orelsan est claire. La Set liste est définitivement très travaillée : les musiques ne s’enchainent pas au hasard mais suivent un fil très clair. Chaque détail a été pensé, le tout est très bien rodé. Des petites phrases, blagues et même à plusieurs reprises des questions adressées à la cantonade au public, rythment le concert. C’est donc vraiment dommage d’apprendre par d’autres spectateurs que cette mise en scène est très similaire de celle utilisé lors de son concert à l’Olympia 5 mois auparavant. On aurait aimé un peu de renouveau, surtout de la part d’un artiste aussi dynamique et aussi présent sur la scène française.

Orelsan réussit tout de même à nous en mettre plein les yeux avec des invités tels que MC solaar, Mat Bastard de Skip the Use, Kyan Khojandi (créateur et acteur principal de la mini-série canal + « bref »), Disiz La Peste, Fababy et la nouvelle école du Rap Français (notamment Taipan, Deen Burbigo et les jeunes Bigflo et Oli).

Orelsan et sa team quittent la scène après plus de 2 heures de show. La foule se rue dehors et le métro porte de Pantin est pris d’assaut. Epaté, on rentre chez nous, complètement surexcités et les oreilles qui bourdonnent. Orelsan a su nous emporter dans son univers. Il a joué avec le temps : parfois futuriste et parfois nostalgique. Il nous a transportés dans chacun de ses voyages temporels et nous l’avons suivi les yeux fermés. Alors, malgré ma légère déception (il faut dire que j’avais placé la barre très haute) je me suis dit « Bref, j’y étais ».

Julia

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